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St-Pierre - St-Eloi : au paradis du commerce PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 06 Juillet 2016 06:00

 

ruestjames SO GBA deux pas des grandes enseignes de Sainte-Catherine et Porte-Dijeaux ou des boutiques haut-de-gamme du Triangle d’Or, Saint-Pierre et Saint-éloi ont su cultiver leur différence, s’imposant au fil du temps comme le quartier des boutiques indépendantes et branchées, desrestaurants et des bars à cocktails. 

Saint-Pierre : terrasses et vitrines

Saint-Pierre fut le premier à renaître. Au nord du cours Alsace-Lorraine, les places et ruelles incarnent le « bordeaux historique » auprès des touristes, mais ne se sont pas figées pour autant. Ses locaux moins chers que ceux de la voisine Sainte-Catherine ont attiré les commerces indépendants, la place Camille-Jullian a été dynamisée par l’ouverture de l’Utopia en 1999, et peu à peu, alors que Bordeaux la “Belle endormie” se réveillait, le quartier a été colonisé par les terrasses des restaurants et des bars, qui accueillent aussi bien les touristes en journée que les étudiants fêtards en soirée. Les places du parlement Sainte Catherine, Camille-Jullian et Saint-Pierre en sont les pôles, la rue du Pas-Saint-Georges sa colonne vertébrale.

Petits poucesC’est dans cette dernière que se situe Petit Pouce, la boutique de jouets (surtout en bois) tenue depuis 14 ans par Laurent Huet. Il y a 12 ans, il a créé une association de commerçants du quartier de Saint-Pierre, dont il est devenu président. « On souhaitait organiser la fête du printemps et mettre en place des illuminations pour Noël », explique le gérant, qui reconnaît que la structure est désormais en stand-by, faute de temps et de moyens à y consacrer.  De fait, le commerce de Saint-Pierre n’est pas vraiment structuré aujourd’hui. Peut-être n’a t’il guère besoin de l’être, le quartier attirant presque naturellement son flot de visiteurs. Selon Laurent Huet, l’activité économique se porte bien dans ce « secteur intéressant, où l’on trouve un grand nombre de boutiques atypiques. C’est un endroit très agréable, il y a une atmosphère chaleureuse entre les habitants, tout le monde se connaît et s’entraide. Par exemple, avec la grève des éboueurs, nous avons tous essayé de nettoyer ensemble, car nos jardins, ce sont les terrasses des cafés et des restaurants ».

Saint-Eloi renouvelé

De l’autre côté du cours Alsace-Lorraine, le quartier Saint-Eloi a été plus récemment transformé par la politique de rénovation urbaine mise en oeuvre par InCité. La désormais bouillonnante place Fernand-Lafargue, sa voisine plus tranquille Sainte-Colombe, et la rue Sainte-James (dont la Grosse Cloche est l’un des bâtiments les plus photographiés de Bordeaux) ont les honneurs de la presse internationale et des guides touristiques. Les enseignes atypiques implantées là depuis longtemps voisinent avec de plus récents arrivés qui confèrent le côté “bobo-tendance” au quartier. 

danielleDans sa petite boutique de la rue des Ayres, la couturière Danielle Pendanx a bien vu l’évolution du quartier. « Il y a quinze ans, le trottoir devant ma boutique était minuscule et toujours encombré de voitures. Parfois je ne pouvais pas ouvrir le rideau du magasin. La place Fernand-Lafargue était un carré central avec des voitures garées tout autour. Maintenant les rues sont essentiellement piétonnes, avec beaucoup de vélos, et c’est très bien. Le tram nous a amené une nouvelle clientèle, moins stressée, qui n’a pas à chercher à se garer.» Présidente de l’association des commerçants Village de la Grosse Cloche, Danielle Pendanx a participé, avec d’autres, au travail mené par la Ville sur l’évolution du quartier. Le résultat lui plaît, et elle aimerait conserver la typicité des enseignes et de l’ambiance. Elle s’inquiète de la hausse de la valeur des pas de porte, aimerait que les terrasses ne s’étendent pas davantage sur la place Fernand-Lafargue, que la rue Bouquière soit rendue un peu plus accueillante. En attendant, l’association Village de la Grosse Cloche, qui regroupe environ 70 commerçants, s’attache à animer le secteur avec son Festival de la Nature au printemps, ses Gamelles musicales à l’automne (stands de bouquinistes et antiquaires plus concours de cuisine) et son sapin de Noël décoré par les enfants de l’école Paul Bert. Elle était particulièrement demandeuse d’entendre plus souvent sonner la Grosse Cloche et a été exaucée : depuis le week-end dernier, cet emblème du quartier sonne chaque premier dimanche du mois. 

Victor-Hugo, la frontière

beaulmeChristian Beaulme est aux premières loges pour l’entendre. Le patron du Brico-Relais, qui est aussi président de l’association de commerçants La Ronde des Quartiers, dirige l’une des locomotives commerciales du cours Victor-Hugo. Son enseigne s’est déplacée d’un côté à l’autre de la Grosse Cloche quand le local a été libéré par Tati puis Cultura. « J’ai connu un cours Victor Hugo qui n’avait rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui, commente-t-il. Il y a eu des travaux lourds mais c’était un mal nécessaire.» Son magasin spécialisé dans « le bricolage de dépannage » joue à fond la carte de la proximité et de l’accessibilité pour les habitants du coeur de ville. Avec 17 000 références sur 900m2 et 12 salariés, il tire sans problème son épingle du jeu. 

Pour autant, Christian Beaulme sait aussi porter un regard critique sur ce qui l’entoure : les « petits trafiquants et consommateurs de drogue » qui zonent autour de son enseigne, côté Grosse Cloche et côté parking Victor-Hugo, et jusque devant le musée d’Aquitaine ; les problèmes de stationnement des véhicules et de flux de piétons insuffisant. Lui aimerait voir plus de bus circuler - et s’arrêter - sur le cours. Il attend aussi impatiemment que le marché Victor-Hugo soit rénové, avec des commerces installés en façade pour instaurer une continuité commerciale avec le débouché de la rue Sainte-Catherine. Car il le sait bien, « plus il y a de chalands, plus il y a de clients.» • S. Lemaire avec T. Gagnou

Photos : SL, TG et G. Bonnaud / Sud Ouest 

 

 

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