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Peter Harper : Aquitaine Connection PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 24 Mai 2016 06:00

Dès ce mardi soir, un artiste au patronyme connu débarque à Bordeaux pour une série de concerts dans la région : Peter Harper. Oui, le frère de Ben Harper, pour sa première tournée en France à la veille de la sortie de son 2e album. Le fruit d’une rencontre improbable, qui a vu une petite équipe aquitaine se monter pour organiser sa venue depuis la Californie où il vit, avec juste sa guitare, son ukulélé et ses chansons à la tonalité folk-blues-soul prononcée. Résultat, la région a la quasi-exclusivité. Entretien.

 

Comment s’est montée cette tournée ?
C’est une histoire incroyable. Au tout début, c’est Damien Hyerlé, graphiste, photographe et musicien à Bordeaux, qui m’a contacté… sur Facebook. Nous avons correspondu longtemps, sans nous rencontrer, mais c’est lui qui a fait le site Web pour ma musique et, très vite, il a évoqué l’idée de me faire venir en France. Deux années de suite ça n’a pas été possible mais, cette fois, il m’a dit “c’est bon, j’ai une équipe prête !” Farid Rmich qui tient le Quiksilver d’Anglet où j’ai fait ma première date la semaine dernière, la graphiste Lisa Wieland, le journaliste et consultant Guillaume Gwardeath… Tous m’ont donné un coup de main, ont trouvé les dates, fait des photos presse de professionnels, assuré la promo… C’est parfait ! [en français, ndlr]

En plus, dès que je suis arrivé, quand j’ai rencontré tout le monde, ça a fait comme si on était de vieux amis, c’était fou. Tellement d’amour et de travail venu de gens que vous n’avez jamais vus et qui vous dispense tellement de gentillesse… Je leur suis infiniment reconnaissant et j’ai simplement envie de leur dire “je t’aime” ! Et la France, quel accueil ! Quand je pense que, lors de mon premier concert aux États-Unis, j’avais joué devant cinq personnes et qu’à Anglet, ils étaient 800 !

Votre frère Ben, lui aussi, a toujours eu une aura particulière en France plus qu’ailleurs en Europe. Son succès a-t-il été une ombre au moment où vous avez délaissé la sculpture pour la musique, ou est-ce que ça vous a servi ?
Bonne question – c’est la première que je me suis posée, dès le début. Vous savez, je viens d’une famille où tout le monde joue de la musique. Vous trouvez que Ben est bon ? Vous auriez dû entendre ma grand-mère ! Et ma mère, et mon autre frère Joe… Dans cette famille, j’ai très tôt su que je voulais être artiste mais je voulais un domaine d’expression qui serait bien à moi. D’où la sculpture. J’en fais encore mais je me suis aussi rendu compte que certains sentiments que j’avais besoin de véhiculer pouvaient passer bien mieux par la musique.

Mais quand j’ai démarré la musique, j’étais sûr d’avoir en tête un message clair, une musique faite par et pour moi et pour la partager avec les gens, les aider peut-être dans leur vie… Alors il m’importait peu que Ben soit connu. J’en suis fier, bien sûr, et je l’adore – si les gens veulent m’étiqueter “le frère de Ben Harper” c’est hors de mon contrôle. Vous savez, si j’ai nommé mon groupe “Racing Alone” [Courir seul], c’est parce que je suis convaincu qu’on nous abreuve trop de compétition. Selon moi, si compétition il doit y avoir, c’est avec soi-même : si vous arrivez à faire en sorte que demain soit mieux qu’hier, alors vous gagnez. Là, c’est pareil : ce n’est pas moi contre Ben Harper, c’est une course contre moi-même, à essayer d’écrire demain une chanson meilleure que celles d’hier…

Dans vos propos comme dans vos paroles – la dernière, « Break The Cycle » qui appelle à en finir avec le cercle infernal de la violence... –, vous semblez véhiculer les mêmes valeurs, tous les deux. C’est familial ?
Tout à fait. Dans ce monde où les gens tendent à prendre et prendre encore, souvent sans penser aux conséquences, on a été élevés dans le partage, partage de l’argent mais aussi de l’amour, du temps et de l’attention. Elevés à essayer de rendre le monde meilleur – une marque de fabrique familiale… Alors quand vous avez le pouvoir de faire en sorte de rendre les gens heureux quand ils rentrent chez eux après le concert, vous devriez tout faire pour le mettre à profit, pas pour vous-même mais pour ce bonheur-là, ce moment de partage. •

Recueilli par Sébastien Le Jeune

À Bordeaux (gratuit partout) : ce mardi soir au Café Brun (20h30), demain mercredi à l’I.Boat (19h), jeudi à Total Heaven (18h) puis au Sherlock Holmes (20h), et retour samedi 4 juin à la Fnac Sainte-Catherine (17h) et au Quartier Libre (20h). www.peterharper.net

Photo : Peter Harper : « Une musique à partager avec les gens, pour les aider peut-être dans leur vie » © DR

 

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