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Passion galeriste : Daniel Templon et ses artistes à l'honneur à l'Institut Magrez PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 09 Mars 2017 06:00

Ce sont les hommes de l’ombre, ceux qui soutiennent les artistes montants ou confirmés du monde de l’art contemporain. Avec son exposition consacrée au Parisien Daniel Templon à voir dès ce vendredi, l’Institut culturel Bernard Magrez jette une belle lumière sur ce métier méconnu.

 

Parce qu’être galeriste, ce n’est pas être simple collectionneur, encore moins être agent d’une maison de vente ou courtier. C’est un métier à part entière, « plus un plaisir qu’un travail », reconnaît Daniel Templon, mais avec ses contraintes et ses obligations. Le choix des artistes représentés peut être bien sûr guidé par des goûts personnels mais il implique un soutien financier et moral afin « qu’ils soient connus et que progresse leur cote ».

Pour Daniel Templon, cela passe par du soutien à la production d’œuvres, à la publication d’ouvrages, à la conception d’expositions pour de grands musées ou institutions. Depuis sa fondation en 1966, sa galerie a présenté le travail de plasticiens devenus aujourd’hui fort célèbres : Basquiat, Roy Liechtenstein, Keith Haring, Buren, Ben, Helmut Newton... et on en passe. À présent, elle a une trentaine d’artistes de tous horizons en “portefeuille”, certains déjà bien reconnus et d’autres en devenir.

Fidélités et découvertes
Amis depuis que le magnat du vin s’est lancé dans l’édification d’une véritable collection, Bernard Magrez et Daniel Templon ont retenu pour cette exposition cinq artistes assez emblématiques de la ligne de la galerie Templon, qui se veut hors des modes et des aléas du marché de l’art.
Ainsi, le Français Philippe Cognée et ses paysages urbains travaillés au pinceau ou le Belge Jan Fabre, dont on verra deux de ses magnifiques “toiles” faites d’assemblages d’ailes de coléoptères (!) et ses autoportraits sculptés affublés d’attributs animaliers ou, en guise d’accueil au château Labottière, son « Homme portant la croix ». Deux histoires de fidélité entre le galeriste et les artistes, qui durent depuis une quinzaine d’années maintenant.

Autres invités poids-lourds, les Français Pierre et Gilles, dont on admirera le travail unique de photos savamment mises en scène et reprises à la peinture – et les cadres extraordinaires qui vont avec. « Si la collaboration est récente (2013), ma passion pour eux remonte à plusieurs décennies », explique le galeriste.

Enfin, on verra aussi ses découvertes glanées de par le monde. Le Pékinois Yue Minjun qui s’est fait un nom dans le monde entier avec ses personnages rose bonbon aux sourires grimaçants, dénonciations en filigrane des dérives de la société et du pouvoir chinois. Et la Japonaise Chiharu Shiota et ses “mondes en boîte” faits d’entrelacs de fils tissés avec une incroyable minutie, vrais chocs poétiques même lorsqu’elle entend dénoncer le consumérisme et l’individualisme ambiant.

Cinq artistes (six si Pierre et Gilles comptent double), une trentaine de pièces mais rien que des chefs-d’œuvre : une visite à l’Institut Magrez s’impose... et s’imposera encore plus à partir de la semaine prochaine, où la visite sera complétée par trois autres expositions, deux autour des Prix Magrez 2016 Amandine Pierné et Barbara Schroeder, la dernière consacrée au peintre Pierre d’Huparlac. •

Sébastien Le Jeune

Jusqu’au 25 juin, vendredi-dimanche 13h-18h (et sur rendez-vous), 6-8€ (gratuit -12 ans, chômeurs, et pour tous chaque 1er dimanche du mois).
Tél. 05 56 81 72 77 et www.institut-bernard-magrez.com 

Photo : Les œuvres de Jan Fabre, Pierre et Gilles, Yue Minjun et Chiharu Shiota se fondent à merveille sous les moulures du château Labottière © Constant Formé-Bècherat

 

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